Qu’est-ce que la logistique verte ?

[INFOGRAPHIE]
Qu'est-ce que la logistique verte ?

La crise sanitaire Covid-19 a grandement participé à l’explosion des ventes en ligne. Suite aux différents confinements, certains consommateurs qui n’utilisaient pas internet pour leurs achats du quotidien ont pris de nouvelles habitudes et commandent plus fréquemment avec pour conséquence une augmentation des livraisons et de leurs émissions polluantes. Plus que jamais, il est aujourd’hui crucial pour les industriels d’adapter les chaînes logistiques afin de les rendre plus vertes et minimiser leur impact sur l’environnement. Au delà du transport, tous les maillons de la chaîne d’approvisionnement peuvent ainsi être optimisés pour implémenter une logistique éco-responsable, aussi appelée “Green Logistics”.

Définition de la logistique verte

La logistique verte consiste à intégrer une démarche écologique dans la gestion des processus logistiques afin de réduire leur impact sur l’environnement. Celle-ci s’étend sur tout le cycle de vie du produit : fabrication, stockage, transport, mise sur le marché, utilisation et destruction.

Concrètement, cela passe par :

L’utilisation de matières premières écologiques et des matériaux recyclables

 

Le recours à des énergies propres ou renouvelables

Des réseaux de distribution optimisés

La mise en place d’un cross-docking pour la gestion des approvisionnements

La réduction du nombre de véhicules utilisés et des kilomètres parcourus

 

L’utilisation de moyens de transport éco-responsables

L’amélioration du taux de remplissage des véhicules

L’optimisation des trajets

Le recyclage des marchandises retournées ou en fin de vie

 

La mise en place d’une supply chain verte implique également de sélectionner attentivement les fournisseurs avec lesquels on travaille, d’analyser ses propres processus mais aussi les cycles de vie des produits.

Grands consommateurs de ressources et producteurs de déchets, les entrepôts se réinventent également :

  • Construction avec des matériaux naturels et durables dans le temps,
  • Isolation renforcée afin de réduire la consommation énergétique (été comme hiver),
  • Source d’énergie propre (éolienne ou solaire),
  • Eclairage intérieur aux LED économe en énergie ou diffusion de la lumière naturelle grâce à des fenêtres,
  • Système automatique de détection de présence pour limiter le temps d’éclairage,
  • Récupération des eaux de pluie pour l’arrosage des espaces verts de l’entrepôt ou pour les sanitaires,
  • Toiture végétale…

En plus de minimiser les impacts environnementaux, le Green Supply Chain Management permet de réduire les coûts opérationnels, notamment grâce à une baisse de la consommation d’électricité, d’eau et de ressources.

Le dernier kilomètre : au cœur des questions environnementales posées par le transport

Parmi les secteurs les plus polluants, le transport contribue à l’émission de nombreux gaz à effet de serre. D’après le CITEPA (Centre Interprofessionnel Technique d’Etudes de la Pollution Atmosphérique), les véhicules utilitaires légers représentent 20% des émissions de GES des transports et les poids lourds en représentent 22% [1]. Le dernier kilomètre est l’étape la plus coûteuse, en termes de coûts économiques mais également environnementaux : il représente plus de 20% des frais totaux de livraison et est à l’origine de 30% des émissions CO₂ selon les chiffres publiés par le Comité d’analyse stratégique [2].

  • D’une part, parce les entrepôts se sont éloignés des villes, allongeant la distance à parcourir : l’éloignement moyen des agences de messagerie par rapport au cœur de Paris est passé de 6,3 km en 1974 à 18,1 km en 2010 selon les travaux de l’Institut Paris Région [3].
  • D’autre part, parce que les livraisons se font très majoritairement à domicile. Avec la crise sanitaire notamment, la livraison en point relais a diminué (68% des acheteurs y ont eu recours en 2020 contre 83% en 2018 selon la FEVAD). Ce type de livraison présente pourtant un bilan carbone très favorable lorsque les clients s’y déplacent par des solutions de mobilités propres (marche, transports en commun, vélo), ce qui est majoritairement le cas en zone urbaine.
  • Et enfin parce que la fréquence d’achat a augmenté : lorsqu’un consommateur français commandait en moyenne 1,2 fois par mois en 2011, il commande aujourd’hui 3,5 fois, soit un quasi triplement en moins de 10 ans [3].

Le bilan environnemental de la logistique du dernier kilomètre est déterminé par différents facteurs, notamment : le type de véhicule, le taux de remplissage du véhicule, le nombre de passage nécessaire pour livrer le client, le taux de retour des produits (estimé à 10% voire 30% dans certaines filières comme le textile).

Au bout de la chaîne logistique, l’impact environnemental du dernier kilomètre peut être réduit grâce à la mise en place de solutions technologiques innovantes, telles que les solutions d’optimisation des tournées de livraison. Au-delà d’une baisse des coûts opérationnels des tournées, ce type d’outil aide à minimiser les émissions de CO₂ émises par cette activité grâce à une réduction :

  • Du nombre de véhicules utilisés,
  • De la distance qu’ils parcourent,
  • De la quantité de carburant qu’ils consomment,
  • Des trajets effectués à vide.

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Certains experts soulignent que l’un des enjeux actuels pour démocratiser la logistique verte réside dans la sensibilisation des consommateurs. Ces derniers ont des attentes de plus en plus exigeantes vis-à-vis de la rapidité de leur livraison. Dans le cas des ventes e-commerce, ils ont tendance à choisir des livraisons rapides sans se questionner sur leur impact environnemental. Un réel travail de pédagogie est nécessaire pour inviter le consommateur à réfléchir sur ses choix (“ai-je vraiment besoin d’être livré ce produit dans les 24h ? Cela ne peut-il pas attendre quelques jours voire quelques semaines ?”, “Puis-je favoriser une livraison en point relais plutôt qu’à domicile ?”) et l’orienter vers une livraison plus écoresponsable.

Les marques ont également un rôle à jouer dans cette sensibilisation et peuvent, par exemple, communiquer à leurs clients le coût réel de leur livraison, notamment en mentionnant le coût environnemental. Une consultation menée par le Sénat en mai 2021 confirme cette opacité sur ces données : 93 % des personnes interrogées se sont estimées insuffisamment informées des conséquences environnementales de la livraison de leurs achats en ligne [4]. Environ 90 % des répondants ont, par ailleurs, fait part de leur souhait de disposer de ces informations et ils sont plus de 85% à penser qu’elles seraient susceptibles d’avoir une incidence sur leur choix du mode de livraison.

Une logistique verte encouragée par les pouvoirs publics

Largement encouragée par l’adoption de nouvelles réglementations environnementales (les ZFE, par exemple), la logistique verte devient petit à petit un impératif. En 2050, plus de deux tiers de la population mondiale vivra en ville selon l’ONU [5], contre près de 56% en 2019 [6]. Occupant seulement 2% de la surface terrestre, les villes produisent pourtant 80% des émissions de gaz à effet de serre. Face à ce chiffre impressionnant, de plus en plus de villes mettent en place des actions pour améliorer la qualité de l’air et diminuer les émissions polluantes, parmi lesquelles on peut citer :

  • La piétonnisation de la voirie,
  • La création de pistes cyclables et de nouvelles lignes de transports en commun,
  • L’interdiction de circulation dans certaines zones aux véhicules les plus polluants ou encombrants,
  • L’arrêt sur les aires de livraison limité,
  • L’augmentation de places de stationnement réservées aux véhicules électriques,
  • La déclaration obligatoire des émissions polluantes produites par son véhicule.

Face à ces différentes réglementations, les transporteurs doivent s’adapter à de nouvelles contraintes et nombreux sont ceux qui s’engagent d’ores et déjà dans des renouvellements de leur flotte pour des véhicules moins polluants afin de les anticiper.

Grâce à des subventions (dont le bonus-malus écologique en France), les pouvoirs publics encouragent les citoyens et les entreprises à se doter de véhicules hydrides ou électriques. De nombreuses sociétés de transport sont déjà sensibilisées à cette logistique “décarbonée” telles que Deret Transporteur, premier réseau européen de transport propre constitué de 54 camions électriques. Les livraisons du “dernier kilomètre” effectuées par le transporteur sont toutes assurées de façon éco-responsable. L’utilisation de véhicules propres comme le vélo ou le vélo cargo/triporteur (électrique ou non) est également de plus en plus fréquente.

La logistique verte permet aux entreprises de s’engager dans une des préoccupations majeures des consommateurs et ainsi répondre à leurs nouvelles attentes. La livraison du dernier kilomètre reste encore un réel défi environnemental à surmonter, défi qui est au coeur de la mission de Kardinal. Bien que le secteur de la logistique ait encore des efforts à fournir, de nombreux acteurs s’engagent et ont déjà commencé à mettre en place des mesures pour réduire l’impact environnemental de leurs opérations. Participer dès aujourd’hui au développement de la logistique verte permet aux entreprises de se démarquer, d’anticiper et surtout de faire partie des leaders en matière de transition écologique.

Références

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