L’optimisation de tournées en réponse aux nouveaux enjeux de la logistique urbaine

Rarement la livraison urbaine n’aura été aussi chahutée. Face aux défis écologiques et à l’augmentation de l’activité e-commerce, elle doit se réinventer. Mais pour être plus en phase avec son époque, la livraison en ville doit modifier et optimiser ses pratiques. Quelles sont les problématiques auxquelles elle doit faire face ? Comment peut-elle modifier dès à présent ses process pour limiter les kilomètres et améliorer les conditions de travail de ses livreurs ?

Les problématiques de la livraison du dernier kilomètre en zone urbaine

Trafic aux heures de pointe, bataille rangée entre les voitures, les bus, les trottinettes et les autres modes de déplacement, colis perdus, client absent, stationnement interdit : la livraison du dernier kilomètre en zone urbaine est sans doute le maillon de la chaîne le plus délicat à gérer. S’ajoutent à cela de nouveaux enjeux, complexifiant encore le problème et imposant agilité et réactivité à tout un secteur. Quels sont-ils ? Comment y faire face ? La logistique urbaine et celle du dernier kilomètre peuvent vivre au cœur de la cité et faire partie des évolutions de la société, et ses acteurs sont en train de nous le prouver…

Des consommateurs aux exigences multiples et parfois contradictoires…

Aujourd’hui, 90 % des Français commandent en ligne au moins une fois par an. Avec la crise sanitaire, le e-commerce aurait recruté en France plus de 3 millions de nouveaux clients au cours du 2nd trimestre 2020.

Comme l’indiquait déjà le rapport des chiffres clés 2019 de la Fevad, “la fréquence d’achat sur internet continue à augmenter et le montant moyen d’une transaction à baisser”, reflétant les comportements d’achat sur internet qui concernent de plus en plus tous les produits du quotidien pour lesquels les consommateurs ont des attentes élevés en termes de délais mais sont de moins en moins enclins à payer la livraison. 

Les transporteurs font ainsi face à des attentes très exigeantes : en quelques années, Amazon est devenu le benchmark de la logistique et impose des temps de livraisons très courts avec un créneau de livraison prévisionnel affiché. Petit à petit, les clients B2B ont intégré les mêmes exigences, complexifiant les opérations de toute la branche.

De l’autre côté, les consommateurs (parfois les mêmes !) deviennent également de plus en plus attentifs aux enjeux environnementaux et aux externalités négatives engendrées par leur façon de consommer, privilégiant les marques engagées pour des manières de produire et de distribuer plus durables. Pour remplir ces objectifs, les industriels se rapprochent des transporteurs eux même engagés dans des initiatives en faveur de l’environnement (Objectif CO2 par exemple), embarquant tout le secteur dans une dynamique vertueuse d’un point de vue écologique.

Les réglementations environnementales, un grand défi pour la logistique urbaine

Les véhicules propres sont les bienvenus partout et à toute heure. Mais ce n’est plus le cas des véhicules traditionnels qui ont des horaires et des zones devenues, par la force des choses, quasi infranchissables, les ZFE (zones à faibles émissions). Dès 2024, la ville de Paris bannira les véhicules de Crit’Air supérieur à 2, interdisant ainsi les véhicules diesel et éliminant les émissions les plus polluantes de la capitale française. Quelles solutions pour les transporteurs, et notamment pour les messagers et les expressistes ?

Nombreux d’entre eux se sont d’ores et déjà engagés dans l’adaptation de leur flotte de véhicules afin de pouvoir continuer à livrer en ville. Cette transition, bien qu’en partie réalisée sous la contrainte réglementaire, représente tout de même pour le secteur une vraie opportunité d’optimiser ses coûts sur le long terme (avantages fiscaux, moindres variations des coûts du carburant, moindres coûts d’usage), et ce malgré des coûts importants à l’investissement.

Les initiatives en faveur d’une logistique plus verte représentent aussi un élément différenciant à forte valeur ajoutée sur ce marché concurrentiel. Et certains l’ont déjà compris depuis longtemps : en 2014, à Nantes, la société DB Schenker [1] a confié sa livraison du dernier kilomètre aux Triporteurs Nantais qui livrent en triporteurs électriques. Tous les matins, un camion dépose les colis dans le local de l’entreprise, qui se charge ensuite de les déposer aux destinataires sans polluer le centre-ville. Plus récemment, Chronopost a annoncé des livraisons “100% verte” sur toute la ville de Paris en déployant une flotte de véhicules propres au départ de 7 Espaces Logistiques Urbains (véhicules électriques, véhicules GNV, vélos-cargo, triporteurs, trolleys). Et les exemples ne manquent pas…c’est désormais tout un secteur qui se mobilise autour de ces enjeux.

Nous venons de le voir, les acteurs du dernier kilomètre adaptent leurs moyens aux nouveaux enjeux du marché. Cette transition, qui implique de profonds changements au sein même de leurs schémas organisationnels nécessite une agilité importante, notamment du point de vue des systèmes d’information. La digitalisation du secteur doit désormais leur permettre de soutenir cette transition. Parmi les applications que permet cette digitalisation, l’optimisation des tournées en centre urbains répond elle aussi aux nouveaux enjeux de qualité de service et de réduction de l’impact environnemental du transport du dernier kilomètre.

L’optimisation de tournées pour réconcilier qualité de service, rentabilité et impact environnemental 

Réduire les coûts et l’impact environnemental des déplacements de la flotte de véhicules sont les deux bénéfices immédiats de l’utilisation d’une solution d’optimisation de tournées. D’autres avantages, certes moins directs, mais pesant sur le ROI à long terme ne sont pourtant pas négligeables :

  • L’expérience client : la livraison rapide à des créneaux horaires respectés est aujourd’hui un critère de satisfaction important, surtout dans les métropoles. Pour 62% des acheteurs en ligne, la livraison est le critère numéro 1 lors d’un achat sur Internet et ils sont 59% à abandonner leur commande si les options de livraison sont jugées insatisfaisantes. [3]
  • La réputation et le RSE : les entreprises qui favorisent une livraison raisonnée, que ce soit par des véhicules propres lors du dernier kilomètre, par l’éco-conduite de leurs chauffeurs, ou encore par des tournées optimisées (donc moins longues et plus économiques en carburant), améliorent leur image auprès des consommateurs et de leurs clients chargeurs.
  • Le bien-être des collaborateurs : les livreurs exercent un métier stressant, en particulier au centre des métropoles. En optimisant les schémas logistiques via la digitalisation et l’utilisation de solutions intelligentes, les entreprises améliorent aussi la qualité de leurs journées.

Le temps réel pour satisfaire au besoin d’instantanéité de la logistique urbaine

Les outils d’optimisation de tournées classiques offrent une vue précise et globale en amont des départs des livreurs. Mais cela ne suffit pas à s’adapter à la réalité de leur quotidien, si imprévisible en zone urbaine.

Car même avec un schéma logistique amélioré et une tournée préparée par un logiciel, comment faire face aux rues bouchées par les accidents, les bouchons, les pannes et autres aléas inhérents à la ville ? Le stress monte alors d’un cran pour tenter de rattraper le retard. Le livreur ne suit alors plus la feuille de route prévue au début de la journée qui devient alors caduque et non optimale.

Une réponse possible est l’utilisation d’une solution d’optimisation de tournées en continu (qui ne s’arrête pas avec le départ des livreurs sur la route), adaptant les plans de tournées en temps réel au fur et à mesure des aléas rencontrés. De cette façon, livreurs et planificateurs reçoivent en direct (et acceptent ou non) les modifications proposées par l’outil (changement de l’ordre des livraisons à réaliser, arrivée de nouveau points à visiter, changement d’équipes, etc). Les trajets sont plus fluides et moins longs, les coûts d’opérations diminuent et avec eux la consommation de carburant et les émissions de CO2.

A travers l’avènement du e-commerce et les défis environnementaux, la logistique urbaine se heurte aujourd’hui à des défis tels qu’ils remettent en cause les moyens, les ressources et l’organisation de ses acteurs. Nous l’avons vu, ces derniers adaptent leur flotte et se digitalisent à grande vitesse, résolvant ainsi une partie du problème. La refonte profonde des schémas logistiques, des modèles de distribution urbaine, la mutualisation des flux et l’utilisation de solutions d’optimisation adaptées sont des réponses complémentaires et indispensables au problème. Enfin, dans un centre-ville et des métropoles qui changent de paradigmes de circulation, le temps réel devient plus que jamais précieux pour gérer ses opérations de livraison. Les solutions développées par Kardinal répondent précisément à ce défi.