Livraison de colis : comment mieux répartir les zones entre sous-traitants

Confier la livraison du dernier kilomètre à des sous-traitants est devenue la norme dans le secteur de la messagerie. Si elle offre flexibilité et réactivité, elle s’accompagne souvent de tensions : tournées déséquilibrées, surcharge de certains partenaires, difficulté à fidéliser les chauffeurs…

Souvent, le problème vient d’une sectorisation obsolète, jamais remise à plat. Pourtant, avec les bons outils, il est possible de réaffecter intelligemment les zones, en s’appuyant sur des données concrètes : volumes livrés, distances, performances, etc.

Dans cet article, nous montrons comment une agence a optimisé sa répartition territoriale avec Kardinal, pour réduire ses coûts, équilibrer la charge de travail et renforcer ses partenariats.

Les 3 points essentiels à retenir

  1. Des territoires cohérents et fluides : La sectorisation doit respecter les barrières géographiques naturelles ou artificielles (autoroutes, cours d’eau, etc.) pour garantir des tournées logiques et faciliter le travail des chauffeurs.
  2. Réévaluer régulièrement la sectorisation : Les zones confiées aux sous-traitants ne doivent pas rester figées . Une réévaluation basée sur des données réelles améliore l’équilibre des tournées et la satisfaction des partenaires.
  3. Prendre en compte toutes les contraintes opérationnelles : Capacités véhicules, temps de travail, trafic, points relais et consignes automatiques doivent être intégrés pour garantir des tournées réalistes et optimisées.

Livraison du dernier kilomètre : le rôle essentiel des sous-traitants

La livraison du dernier kilomètre repose de plus en plus sur un maillage complexe d’acteurs, au premier rang desquels figurent les sous-traitants. Dans la majorité des organisations aujourd’hui, leur présence est devenue la norme plutôt que l’exception. Si certains opérateurs conservent un modèle reposant exclusivement sur des chauffeurs en interne, ils sont de moins en moins nombreux.

Cette évolution s’est accentuée au fil des deux dernières décennies, portée par une croissance soutenue de la demande, des exigences de flexibilité accrues et une transformation des outils technologiques à disposition des acteurs de terrain. Dans certaines villes comme Paris, on estime que 80 % des livraisons de colis en zone urbaine sont désormais assurées par des sous-traitants (étude menée par le cabinet Mazars et le conseil général d’Île-de-France en 2011).

Les sous-traitants jouent un rôle stratégique dans la chaîne logistique : ils permettent aux transporteurs de répondre rapidement aux fluctuations de volume, tout en réduisant les coûts fixes liés à l’emploi direct. Mais pour que ce modèle fonctionne, il doit reposer sur un partenariat équilibré, durable et satisfaisant pour les deux parties. Sans cela, les problèmes de qualité de service ou de fidélisation des chauffeurs risquent d’apparaître rapidement.

La stabilité de ces relations est aujourd’hui facilitée par la montée en puissance des technologies mobiles et des applications métiers embarquées. Comparé à la situation d’il y a seulement 5 ou 6 ans, les outils disponibles pour encadrer et piloter l’activité sur le terrain se sont considérablement améliorés. Cela a été un levier déterminant pour structurer les collaborations entre donneurs d’ordres et sous-traitants.

Mais cette dynamique positive ne masque pas les tensions croissantes que connaît le secteur : difficulté à recruter des chauffeurs qualifiés, turnover en forte hausse (près de 60 % pour certains grands opérateurs), hétérogénéité des flottes, etc.

La difficulté à fidélser les chauffeurs
Scandit research (2021)

Plus d’informations sur le secteur de la livraison de colis dans notre article “Quelle organisation pour les réseaux de transport de messagerie ?

Dans ce contexte mouvant, l’organisation territoriale joue un rôle clé. Pourtant, la répartition des zones de livraison confiées aux sous-traitants est encore trop souvent figée, empirique ou héritée d’un ancien découpage.

Or, repenser ces secteurs à partir de données réelles (volumes, géographie, contraintes terrain) permet d’améliorer à la fois la performance opérationnelle et la qualité de la relation avec les sous-traitants.

Optimisation des secteurs : les contraintes à prendre en compte pour garantir des résultats fiables

Pour que l’optimisation des tournées et des territoires sous-traités soit réellement utile et crédible, elle doit reposer sur un certain nombre de contraintes, trop souvent négligées dans les approches classiques. Certaines paraissent évidentes, d’autres sont plus subtiles, mais toutes sont essentielles pour produire des résultats représentatifs de la réalité du terrain, et surtout exploitables par les opérationnels, qu’ils soient transporteurs ou sous-traitants.

1. Des territoires cohérents, sans coupures physiques

La sectorisation doit respecter les barrières géographiques naturelles ou artificielles. Il est par exemple essentiel d’éviter que des secteurs ne soient découpés de part et d’autre d’une autoroute ou d’un cours d’eau, sauf cas très particulier. Cela permet d’assurer des itinéraires logiques et fluides, mais aussi une meilleure expérience pour les chauffeurs.

💡 Un cas concret

Sur un cas réel, l’algorithme de Kardinal a optimisé une tournée en suivant les quais de la ville de Marseille, sans jamais traverser à l’est d’un grand axe routier. Pourquoi ? Parce que les points de passage étaient rares et rallongeaient considérablement le trajet des livreurs. Un algorithme de clustering classique aurait ignoré cette contrainte et généré un secteur inadapté et donc une tournée infaisable.

2. Des contraintes véhicules bien intégrées

L’optimisation doit prendre en compte la capacité des véhicules (poids, volume, nombre de colis), mais aussi leur nature : électrique ou thermique, taille, autonomie… Le bon véhicule n’est pas le même selon le type de colis, les accès urbains, ou encore les restrictions environnementales.

3. Le respect du temps de travail

Les heures de travail des chauffeurs doivent être intégrées dans les calculs, pas uniquement pour des raisons réglementaires, mais aussi pour garantir une charge de travail soutenable et réaliste. C’est une condition indispensable pour maintenir un bon niveau de performance et limiter le turnover.

4. Une modélisation réaliste du trafic

L’utilisation de données de trafic prédictif permet de calculer les temps de trajet de manière beaucoup plus fiable. Cela donne confiance aux donneurs d’ordre comme aux sous-traitants, car les prévisions de durée ne sont pas de simples estimations, mais des données représentatives de la réalité.

5. L’intégration des points de collecte

Les points relais, qu’ils soient liés à des flux B2B, B2C ou C2C, deviennent de plus en plus centraux. Leur localisation et les temps d’arrêt associés doivent être correctement pris en compte pour assurer une planification réaliste, sans impacter négativement la tournée.

6. La prise en compte des contraintes propre aux consignes (lockers)

Les consignes automatiques posent des défis spécifiques : éviter leur saturation, ajuster les plans selon les capacités disponibles, ou encore prévoir des volumes de colis compatibles avec les casiers. Leur intégration dans les calculs d’optimisation est donc indispensable pour garantir une livraison fluide et efficace.

Pourquoi réévaluer la répartition des secteurs entre sous-traitants ?

Dans un contexte où les sous-traitants jouent un rôle clé dans la réussite des livraisons du dernier kilomètre, la manière dont les territoires leur sont attribués ne peut plus être figée. Une réévaluation régulière de la sectorisation devient non seulement pertinente, mais stratégique.

Plusieurs facteurs doivent être pris en compte pour décider à quel sous-traitant attribuer tel ou tel secteur, et dans quelle mesure. Parmi eux :

  • La localisation du sous-traitant par rapport au dépôt ou à la zone de livraison.
  • Sa performance de service, mesurée sur des critères objectifs comme la ponctualité, le taux de réussite à la première présentation, ou la satisfaction client.
  • La stabilité de sa structure et son expérience sur le terrain.

Les transporteurs ont tout intérêt à récompenser les sous-traitants les plus performants en leur confiant davantage de volume ou de zones, créant ainsi des partenariats plus durables et motivants. C’est un levier puissant pour renforcer la fidélité, améliorer la qualité de service, et assurer la viabilité économique du modèle de sous-traitance.

Par ailleurs, l’optimisation de la sectorisation à partir du dépôt permet de réduire les coûts opérationnels, notamment le coût par colis, et d’améliorer la productivité globale. Ce travail d’affectation territoriale ne peut plus reposer uniquement sur des décisions empiriques : il doit s’appuyer sur des données précises, fiables et à jour.

C’est là qu’interviennent les KPI (indicateurs clés de performance). Pour prendre les bonnes décisions, il faut des analyses pilotées par la donnée : des temps de trajet réels, des taux de service consolidés, des historiques de performance, etc. Cette approche permet de construire une relation équilibrée entre donneur d’ordre et sous-traitants, fondée sur des faits, et non sur des intuitions.

[RAPPORT]
Quelle optimisation de tournées pour répondre aux enjeux du secteur de la messagerie ?

Exemple concret : réorganisation optimisée d’un territoire grâce à Kardinal

Pour illustrer l’intérêt concret d’une réévaluation des secteurs, prenons un cas réel simulé avec la solution Kardinal, dans la région de Nantes Nord-Ouest, en France.

Le contexte

Un responsable d’agence gère 14 tournées quotidiennes en moyenne, réparties entre 3 sous-traitants. Chaque jour, environ 2 046 colis doivent être livrés sur une zone mêlant zones urbaines denses et secteurs ruraux plus diffus. Une situation assez classique dans la livraison du dernier kilomètre.

Solution TAO Kardinal - situation initiale

Mais un problème persiste : les tournées sont très déséquilibrées. Certains sous-traitants sont surchargés tandis que d’autres n’ont pas assez de travail. Cela crée des tensions, affecte la qualité de service et fragilise la relation entre l’agence et ses partenaires.

Cette situation découle souvent d’une organisation héritée, jamais remise en question : les zones sont transmises d’un sous-traitant à un autre au fil des années, sans réelle stratégie d’optimisation.

L’opportunité de repenser la sectorisation

Avec la fin prochaine d’un contrat, le directeur d’agence se demande : « Et si c’était le bon moment pour repenser complètement la répartition des zones entre mes sous-traitants ? »

Grâce à la solution Kardinal, il va pouvoir :

  • Fusionner virtuellement les territoires existants pour en simuler une nouvelle répartition.
  • Réaffecter les zones en tenant compte de critères opérationnels concrets : volumes, distances, temps de parcours, équilibre de charge.
  • Identifier les secteurs les plus performants afin de renforcer la position des sous-traitants les plus efficaces.

Solution TAO Kardinal - groupage par sous-traitant

Les résultats de la simulation

En quelques clics, directeur d’agence relance une optimisation complète sur la zone. À partir des données historiques, l’algorithme de Kardinal propose une nouvelle répartition :

  • 1 tournée est supprimée (13 tournées au lieu de 14), grâce à une meilleure utilisation du temps de travail disponible.
  • 2 sous-traitants sont conservés : l’un passe de 4 à 5 tournées, avec plus de colis par tournée ; l’autre de 5 à 8 tournées, grâce à ses capacités disponibles.
  • Le temps de tournée moyen passe de 6h32 à 7h, augmentant ainsi la productivité globale.
  • La charge de travail est bien mieux équilibrée entre les tournées, réduisant les écarts entre tournées longues et courtes.

Visuellement, les contours des secteurs ont été redessinés : certains circuits ont été étendus ou recentrés, d’autres recentralisés autour d’axes routiers pour faciliter la distribution.

Solution TAO Kardinal - comparaison sectorisation

Les bénéfices concrets

  • Une réduction immédiate des coûts grâce à la suppression d’une tournée et à l’augmentation du taux de chargement.
  • Une meilleure rentabilité pour les sous-traitants restants, qui absorbent plus de volume de manière équilibrée.
  • Une base solide pour renégocier les contrats, avec une répartition plus juste et plus transparente.
  • Une décision rapide, là où des arbitrages similaires pouvaient prendre des semaines auparavant.

Une approche data-driven au service de la stratégie

Ce cas illustre parfaitement comment une approche basée sur les données, appuyée par un outil comme Kardinal, permet de transformer un moment de contrainte (départ d’un prestataire) en opportunité stratégique.

Et ce type d’analyse peut s’adapter à bien d’autres contextes : intégrer un nouveau partenaire, mieux gérer un pic d’activité, ajuster des prévisions de volume ou même repenser l’emplacement des dépôts.

Solution de sectorisation stratégique dédiée aux acteurs de la messagerie

Conclusion

L’optimisation des territoires et des ressources sous-traitées est aujourd’hui devenue un enjeu central. Il ne s’agit plus seulement de trouver le bon équilibre entre coûts et capacité, mais de bâtir un cadre de collaboration où chacun, transporteur comme sous-traitant, peut s’engager sur la durée avec confiance.

Pour y parvenir, il faut sortir d’une vision purement volumétrique ou cartographique de l’optimisation. Les outils doivent refléter la réalité du terrain, intégrer les bonnes contraintes, et s’adapter aux spécificités de chaque organisation. C’est à cette condition que l’optimisation devient un véritable levier de performance durable, au service des donneurs d’ordre, des sous-traitants, et in fine… du client final.

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FAQ

1. Pourquoi la sectorisation des sous-traitants devient-elle rapidement obsolète ?

Les volumes, les typologies de colis, le trafic et même les capacités des sous-traitants évoluent en permanence. Une sectorisation figée finit par créer des déséquilibres de charge, des tournées irréalistes et des tensions opérationnelles, même si elle fonctionnait bien à l’origine.

2. À quelle fréquence faut-il réévaluer la répartition des zones ?

Il n’existe pas de règle unique, mais une réévaluation annuelle est généralement recommandée, et systématiquement lors de certains événements clés : arrivée ou départ d’un sous-traitant, évolution significative des volumes, changement de flotte, ouverture de nouveaux points relais ou lockers.

3. Comment garantir une répartition équitable entre sous-traitants ?

Une répartition équitable ne signifie pas une répartition identique. Elle doit s’appuyer sur des indicateurs objectifs : temps de tournée, nombre de colis, distances parcourues, contraintes véhicules et performances passées. L’objectif est d’assurer une charge de travail soutenable et comparable, pas simplement un nombre de tournées similaire.

4. L’optimisation des secteurs ne risque-t-elle pas de déstabiliser les chauffeurs ?

Au contraire, lorsqu’elle est bien menée, elle améliore leur quotidien. Des territoires plus cohérents, sans coupures géographiques et avec des tournées réalistes, réduisent le stress, les kilomètres inutiles et les retards. La clé reste la transparence et l’anticipation lors des changements.

5. Quels types de données sont nécessaires pour une optimisation fiable ?

Les données essentielles incluent : historiques de livraisons, temps de parcours réels, volumes par zone, contraintes horaires, caractéristiques des véhicules, trafic et performances de service. Plus les données sont précises, plus les résultats sont crédibles et acceptés par les équipes terrain.

6. Peut-on utiliser l’optimisation pour renégocier les contrats de sous-traitance ?

Oui, c’est même un usage fréquent. Une sectorisation basée sur des données factuelles permet de justifier les volumes confiés, d’objectiver les discussions tarifaires et de construire des contrats plus équilibrés et durables pour les deux parties.

7. En quoi Kardinal se distingue des approches classiques de sectorisation ?

Kardinal ne se limite pas à un découpage cartographique. La solution intègre les contraintes opérationnelles réelles (temps de travail, trafic, capacités, points relais, lockers…) et permet de simuler différents scénarios pour prendre des décisions rapides, fiables et exploitables sur le terrain.

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